A propos du tournoi de Valence : Je vous sers la pogne ou la désinfection des tournois? Avec mon ami Alexandre Benoît Sérurier (non, je ne me prends pas pour un Commissouille de mes Caires bien connu), nous nous sommes penchés sur une étrange maladie qui semble affecter les tournois dominicaux et nous nous sommes lancés dans une longue enquête policière afin de découvrir les puissances maléfiques qui en sont l’origine. Le gros m’a mis la puce à l’oreille en me faisant remarquer que yavait bientôt plus de monde à la bouffe d’ostie de son bled le dimanche que dans les tournois de scrabble. Remarquez que comme il ne va ni à l’un, ni à l’autre, il n’est pas le mieux placé pour juger. Mais quand même. Au regard du tournoi de Valence, force est de reconnaître qu’il a peut-être raison. J’ai donc décidé d’approfondir (d’investigationner comme il dit). Déjà en regardant les tournois de la région, on constate une certaine érosion voire même une érosion certaine de la participation: 
La droite plonge (pas de politique l’Enflure !). Même si pour Vourles, on peut mettre cela sous le coup d’une limitation volontaire, la tendance se confirme. On aurait pu supposer que l’une des raisons était la concurrence de la messe, mais même Péronnas le samedi perd ses adeptes, pourtant le pèlerinage à Ste Thérèse était(est) un must. Alors quoitest-sque ?
La crise : certes ce n’est pas un leurre, mais la tendance était prise bien avant son déclenchement (voir les courbes). Serait-ce à dire que le scrabbleur a un sixième sens socio-politique exacerbé et qu’il a commencé depuis longtemps à faire des réserves ? Peu probable. Et même si la crise existe, sans vouloir faire injure à qui que ce soit, ni préjuger de rien, il faut bien reconnaître que la moyenne d’âge du tournoyeur moyen et sa catégorie socio-professionnelle, le tiennent un peu à l’abri de ses effets et quand on a une passion… Séru me susurre, depuis la crise, j’achète moins de bénards, mais je picole toujours autant, voire même plus.
Corollaire de la crise, le coût de l’essence : idem ci-dessus, ça vous empêche de rouler vous les chocs pétroliers ? Sa Majesté Le Gravos, dans sa grande sagesse, dit oui …. les quinze premiers jours. Enquête faite : aucun des tournois n’a suivi de moins de quinze jours une augmentation du prix de l’essence.
La multiplicité des TH 3 ou plus : à notre avis, ce n’est pas un argument primordial. La plupart des tournois existent depuis des temps immémoriaux. Dans notre région sinistrée – c’est Séru qui l’a dit – on dénote seulement deux nouveaux tournois: Ambérieu et Beynost, auquel on peut ajouter Evian qui a pu enlever quelques participants à Châtel-Guyon – nous avons recensé dix habitués de l’un ayant participé à l’autre cette année. C’est certes trois de plus, mais on a bien dû en perdre un ou deux, par exemple Andrézieux et Pierrelate. 
La multiplicité des compétitions diverses et avariées : ça me parait déjà beaucoup plus sérieux. Depuis quelques années on a vu fleurir un nombre considérable de nouvelles variétés ou constater de nombreux phénomènes de mutations. Le Gravos dit que Dame Nature devrait demander des tuyaux à la Fédé. Donc de simultanés permanents en TSAPs en passant par les TH2, les championnats départementaux, les qualifications vermeils à deux coups et que sais-je encore, le scrabbleur moyen a l’impression d’être toujours en compétition et n’est plus travaillé par le manque. La fédé diffuse une nouvelle variété de drogue sournoise, le PC (lisez Point de Classement) agrémentée d’une variante : le PP4*. Il y a certainement un dealer, voire même plusieurs, pas loin de chez vous, même pas planqués, sinon vous allez sur les sites de la fédé ou de votre comité et vous trouvez tous les renseignements nécessaires. Pourquoi donc enfiler ses frusques du wekand pour aller battre la campagne, dépenser vos picaillons, risquer la mort sur les routes et rentrer frustré de votre faible moisson, d’autant plus que vous ne pouvez même plus profiter de l’apéro d’au revoir et que vous auriez pu faire pendant ce temps là un repas pantagruélique en l’honneur des mères, des pères, des grand’mères, des grand’pères, des femmes, des rois, des ??? et pourquoi pas des belles-mères, sans compter des anniversaires de vos petits-enfants. Pour information, pas moins de 54 TH2 pour la saison qui vient de s’achever, vous connaissiez ça vous avant ? Mais jusqu’où s’arrêteront-ils ? La banalisation de la schnouf : de mon temps, me dit Séru, quand j’étais petit, tu volais une orange on en faisait toute une chanson, tu jouais au docteur avec ta petite voisine, t’étais passible d’une correction en bon uniforme et tirer une taffe sur la P4 de ton grand frère en perm c’était kif kif la roulette russe si ton père te surprenait. Aujourd’hui autres temps, autres mœurs, le chichon est monnaie courante et le tourisme sexuel une évidence et pour en revenir à notre sujet, le point – alias PC ou PP – se ramasse à la pelle. Tiens je vous le démontre : 
Ca fait quand même pas loin de 5000 participants en plus sur l’ensemble des trois festivals depuis moins de dix ans, donc autant d’occasions de marquer un seau de points. Tiens par exemple, Octobre 2008, vous terminez 1000ème (sur 1183) de la Coupe de Savoie à Aix et vous récoltez 461 PCs. Quinze jours plus tôt vous aviez engrangé 62 PCs en terminant 120ème sur 150 (gros mot seau d’eau la même proportion) du tournoi de Grenoble, lesquels vous auriez pu obtenir en terminant 1159ème de la susdite Coupe de Savoie (comme il n’y a pratiquement que des joueurs ayant abandonné derrière vous, ce n’est pas inaccessible). Sans compter qu’en terminant 4155ème sur 4458 de la phase 1 vous récoltiez aussi 62 PCs ! Séru s’impatiente, il me crie Berthe alors ! tu accouches de ta conclusion, c’est l’heure de mon petit dèj et mon andouillette marchand de vin refroidit. Parce que moi, je vais te la faire. Yapa besoin de sortir de St Cyr pour comprendre que l’âge d’or de tes tournois dominicaux, si jamais il a existé, est passé. Tes scrabbleurs y sont pas débiles, y z’ont au fin fond de leur subconscient un petit espoir de dépasser la rombière qui leur pompe éhontément dessus au club le mardi aprèm et que ça fait quatre ans qu’elle est devant au classement national malgré tous les tournois qu’ils ont faits, donc y zdisent chvais faire des TSAPs, les phases et les festivals fédéraux, c’est ça qui rapporte des points. Oui, peut-être, Séru, mais le classement il n’y a pas que ça dans le scrabble. Que tu crois, me barrit-il. Si t’es compétiteur (et si tu fais des tournois c’est que tu l’es un petit peu au fond de toi), tu as envie de progresser, de t’entendre félicité, de dépasser ton voisin. Oui, lui rétorque-je, mais un tournoi, c’est à dimension humaine, ça permet de rencontrer d’autres gens, ça permet d’en retrouver. C’est pour ça que t’as encore quelques participants dans les tournois, me clôt-il le bec. Epilogue La vérité n’est certainement pas aussi tranchée que ce que nous, Séru et moi, venons de vous présenter. Il intervient certainement un zeste de crise, une pincée d’usure, un besoin de renouvellement, une part de vieillissement, des troupes et des compèts, dans la désaffection des tournois dominicaux. Nous avons eu de la peine à proposer des alternatives, peut-être le TH2 : deux parties ça tient en une après-midi, ça donne tous les PPs qu’on veut et ça peut se faire dans une salle de dimension plus restreinte, donc moins chère et donc vous pouvez en faire plusieurs par an. Ca n’attire que les voisins, mais eux viendront à coup sûr, car ils viennent pour vous voir. Pour terminer, si la désaffection des tournois nous parait inéluctable, il restera toujours des gens qui jouent juste par plaisir, tout en espérant un bon résultat. Donc organisateurs, tant que vous conservez l’enthousiasme et tant que les résultats financiers vous le permettent, continuez à organiser des tournois. Vous aurez peut-être moins de participants qu’avant, mais ceux-là seront contents. Post mortem Si mes conneries ne vous ont pas ou qu’à moitié convaincus, n’hésitez pas à faire part de vos idées. Ecrivez un petit article et notre webmestre se fera un plaisir de le publier. Merci d’avance pour les organisateurs de tournois. * Nous nous sommes placés dans l’optique des 10000 licenciés dont l’objectif est le PC car c’est le bataillon le plus important des participants aux tournois. Les chiffres présentés, à travers les courbes ou autres, proviennent de la page ‘Résultats’ du site de la fédé. |